Vendredi, novembre 20, 2020
Vendredi, novembre 20, 2020

Entrevue avec Pascal Fournier

Vous le connaissez peut-être déjà. Grâce à sa chaîne YouTube, il diffuse depuis maintenant 8 ans des vidéos de moto ou le ludique côtoie l’éducatif. Avec son style unique, son calme et son humour plaisent à tous coups. Un contenu visuel et auditif monté patiemment et passionnément pour nous tous, les amoureux de motos. Souvenirs de voyages, sensibilisation à la sécurité, ou projets personnels remplissent ses capsules pour notre plus grand plaisir.

C’est donc par un après-midi ensoleillé du mois d’août que je rencontre Pascal Fournier à Ange-Gardien en Montérégie. On se trouve un petit coin à l’ombre pour jaser, sur le perron du presbytère en se berçant comme deux amis qui se rappellent le bon vieux temps ! 

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Pascal a grandi en étant entouré de motos. Dès son jeune âge, il se passionne pour ces engins bruyants, mais tellement fascinants !

Entrevue avec Pascal Fournier

Zabel : Parles-moi de ton enfance et de ta relation avec les motos…

Pascal : J’ai grandi à Coaticook et j’y demeurais chez mes grands-parents avec mon père. Quand j’étais petit, il y avait une moto appuyée sur le garage et je m’assoyais souvent dessus. Je faisais le bruit avec ma bouche et je m’imaginais rouler avec la moto. Au primaire, mon jeu préféré était de jouer à CHiPs, cette émission populaire de notre enfance mettant en vedette deux policiers à moto. Moi et mes chums, on partait pour séparer des chicanes et essayer de sauver des gens. Ça se passait dans notre tête mais on s’imaginait à moto, dans la peau de Jon et Ponch

Quand j’étais jeune, je faisais une collection de petites motos. La plupart des gars de mon âge collectionnaient plutôt les petites voitures Hot Wheels, mais moi c’était les motos. Un de mes oncles vivait avec nous et il faisait partie d’une association de motocyclistes. Parfois ses amis venaient à la maison avec leurs “chars jackés” modifiés et quelques fois ils arrivaient avec leurs motos : je “trippais ben raide”…

Zabel : Ça devait être assez impressionnant pour toi à l’époque ?

Pascal : Oui ! Un gars (que j’ai revu par la suite) m’avait fait faire une ride sur un Yamaha 850. C’était ma première ride et c’est là que j’ai déterminé que dans la vie, c’est ce que je voulais faire. Tous mes efforts, mes intérêts et mon énergie ont ensuite été tournés vers le monde de la moto. Je n’avais pas d’argent mais ça me prenait une moto. Vers 19 ans je me suis acheté ma première “vraie” (sans assurance ni immatriculation). Payée 200$, ma puissante moto (une Suzuki 750 GT 2 temps, 1975,) ne tenait pas la route et était assez dangereuse. Un collant noir sur la plaque indiquait que la moto était interdite à la circulation, alors afin d’éviter de me faire arrêter par la police, je mettais de la boue sur le coin pour cacher ce collant (rires !). J’ai fait un bon bout de temps comme ça, heureusement il ne m’est rien arrivé. J’ai ensuite eu une vieille Honda Goldwing, que j’ai complètement déshabillée et sur laquelle j’ai ajouté un side-car. Pendant 5 ans, j’ai donné des rides à plein de gens, à mon chien aussi ! J’ai eu beaucoup d’autres motos (une trentaine au total), des motos de collection, dont une Kawasaki KZ 1300 6 cylindres.

Zabel : As-tu eu beaucoup de Harley Davidson à travers les années ?

Pascal : Ma première Harley (le rêve de ma vie !), je l’ai eue en 1996. Après l’avoir vue dans Moto Hebdo (les Kijiji et autres n’existaient pas à l’époque), je me suis rendu chez un gars qui réparaient des motos à Granby. Une de ses clientes vendait son Sportster XLCH 1000 de couleur fushia : une très mauvaise moto, ça cassait tout le temps. Même aux USA il y avait des garages où on réparait les motos de marque Harley Davidson mais c’était bien indiqué en gros : NO CH ! Vraiment la pire moto que j’ai eue ! J’ai fait environ 500 km, elle était toujours brisée. Il aura fallu que je refasse le moteur et elle n’était pas confortable du tout. Ensuite j’ai eu une autre Harley qui “partait à la crinque”. 

Zabel : Ouais, l’expérience de ta première Harley n’a pas été géniale…

Pascal : Assez ordinaire…Ensuite je me suis acheté un japonais, un Yamaha VMAX flambant neuf. Suite à un changement de carrière, j’ai dû faire des choix et j’ai donc eu plusieurs motos que je n’ai pas payées chères.

Zabel : Parle-moi de la moto de ton père…

Pascal : Pour mon père sa moto était un moyen de transport. Il partait de Coaticook vers Montréal à chaque semaine. Aujourd’hui par l’autoroute, c’est peut-être 2 heures de déplacement mais dans le temps, avec des chemins de gravelle c’était une autre histoire ! Aujourd’hui, on n’oserait même pas faire ce trajet avec cette moto. Pour lui c’est une étape de sa vie, sans plus. Un de mes rêves était donc d’avoir la même moto que mon père avait eu en 1966 : une Suzuki 250 2 temps 1966 T20 Super 6 (6 vitesses). Grâce à seulement 2 photos, j’ai réussi à en trouver une. J’ai cherché longtemps ! J’ai même offert une rançon de 200$ à quiconque me trouverait cette moto-là ! Finalement c’est moi qui l’ai trouvé à Niagara Falls. Je l’ai défaite au complet il y a une douzaine d’années. C’est avec un de mes amis (Charles Mercier, RPM à Omerville) qu’on a commencé à la restaurer. Avec le confinement et tout, le projet est sur la glace mais ce n’est que partie remise. J’ai donc une moto identique à celle de mon père que je souhaite sincèrement rouler et exposer très bientôt. Un projet avec une grande valeur sentimentale. Je suis attaché aux valeurs familiales et cette moto, c’est important pour moi, elle a une grosse place dans mon cœur. Je me la suis même faite tatouer sur le corps !

Zabel : La photo est également entrée dans ta vie, conjointement à ta passion pour la moto, parles moi de ça…

Pascal : Je suis un passionné de moto alors j’ai toujours tout fait pour me retrouver dans ce merveilleux monde. Vers 1997, j’ai assisté à un événement : le Weekend des Vieilles motos du Québec à Drummondville. Raymond de Custom Tour à était là. À l’époque, j’avais un petit studio de photo et, malgré mon peu d’expérience, j’ai été approché pour photographier des motos pour le magazine. J’ai donc déjà été photographe pour le magazine Custom Tour !

Zabel : Eh bien ! Tu viens de m’apprendre quelque chose !

Entrevue avec Pascal Fournier

Pascal : Mon premier contrat fût avec le défunt concessionnaire Boileau Harley Davidson à Acton Vale. Une front page super réussie. Internet et google n’existaient pas dans ce temps-là. J’ai donc acheté des tonnes de revues de photos et de négatifs afin de devenir meilleur, de me perfectionner.

Zabel : Comme j’ai entendu de la bouche de Fred Pellerin : Si tu as un rêve, à tous les jours tu dois faire un petit quelque chose pour y arriver. 

Pascal : Effectivement, il ne faut pas attendre que ça cogne à la porte… Malgré ma passion pour la photo, je l’ai délaissé un peu car l’investissement en temps et en argent n’était pas proportionnel aux rentrées d’argent…

Zabel : As-tu de petites anecdotes à nous conter ?

Pascal : Je n’étais pas riche et je me souviens avoir eu un pneu “à fesse”, d’aller dans la cour des garages afin de trouver des pneus “le plus gras possible” qui avaient été changés pour des clients. Je retournais chez nous, je changeais mes pneus et réussissais à faire 2000-3000 km avec… Des shows de boucane aussi : ahh que je me suis donné du trouble ! La passion avant tout !

Entrevue avec Pascal Fournier

Zabel : Plusieurs des lecteurs de Custom Tour te connaissent grâce à ta chaîne YouTube, comment ça a commencé tout ça ? 

Pascal : Plusieurs années après, la vidéo est arrivée. Comment a commencé ? Un jour j’ai fabriqué un Bobber à partir d’un Vulcan VN 800. J’allais sur YouTube pour voir comment les autres montaient leur moto et je trouvais qu’il n’y avait pas assez de vidéos sur le sujet alors j’ai créé le mien. Je me suis mis à filmer toutes les étapes dans le but d’aider quelqu’un d’autre qui voudrait faire comme moi. J’étais alors loin de savoir que c’est ça qui allait starter ma chaine YouTube. Il y eu donc beaucoup d’intérêt suite à cette vidéo. Les gens ont aimé et j’ai pris goût à ça. Ma deuxième vidéo a été sur mon voyage à Sturgis où je faisais plein de niaiseries. Je me déguisais avec des seins en styrofoam, des perruques. Heureusement, ils ne m’ont pas fouillé aux douanes car ils se seraient vraiment posé des questions…

Zabel : Ha ! Ha ! Ha !

Pascal : J’ai commencé à diffuser des vidéos dans un petit groupe Facebook de Sherbrooke, j’aimais faire rire et les gens aimaient bien ça… Ça m’a influencé à faire d’autres niaiseries et à les filmer. Un jour c’est devenu plus grand, je me faisais reconnaitre par des inconnus et on me complimentait sur mes vidéos. J’ai continué…

Zabel : Mais ça représente énormément de temps la réalisation de ces vidéos !?

Pascal : Je consacre 20 à 25 heures de montage et de recherche pour une vidéo de 5 à 15 minutes. J’essaie que ce soit toujours dynamique et imagé. Je tente toujours de me renouveler.

Zabel : Je remarque que tu t’attardes aussi à l’aspect “sécurité” de la moto, ça fait longtemps que tu y es sensibilisé ?

Pascal : Depuis toujours. La sécurité à moto est importante pour moi et je suis conscient du danger. Je veux en faire longtemps et le faux sentiment de liberté sur une moto peut s’avérer dangereux. Le but de la chaîne You Tube est de transmettre de l’information en montrant aussi que je suis comme tout le monde, pas mieux. Je parle avec mon expérience et au fond je souhaite une sensibilisation progressive individuelle, tout ça sans devenir fou. 

Zabel : Alors les vidéos, ça roule ?

Pascal : Ça commence à rouler ! Grâce à la période de pandémie, le confinement a incité les gens à visionner plus de vidéo. Mon premier voyage sur la route 66 est rendu à plus de 700 000 vues ! En ayant plus de temps, les gens en ont profité. J’aime créer des vidéos qui intéressent les gens, qui plaisent à ceux qui me suivent.

Entrevue avec Pascal Fournier

Zabel : Des projets ? 

Pascal : La passion m’a toujours guidé. Je ne me pose pas trop de questions, mais il y a mon livre “Comment préparer son Road Trip en moto” maintenant disponible sur Amazon.ca ! Un petit livre qui permet de conscientiser les gens sur toute la préparation, le temps, l’énergie à mettre, les choses à penser avant de partir en voyage à moto. C’est à eux ensuite de déterminer s’ils préfèrent acheter un “clé en main” avec guide ou créer leur propre voyage…

Zabel : Merci beaucoup de ta générosité Pascal, au plaisir de se croiser sur la route !

N’oubliez-pas de vous abonner à la chaîne YouTube de Pascal Fournier !

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